Une entreprise de chauffage avec 900 contrats d’entretien ne pilote pas 900 rendez-vous. Elle pilote 900 équipements, chacun avec sa périodicité légale, sa date de dernière visite, son historique de pannes, son contrat, sa date de renouvellement et sa facturation récurrente.
C’est un modèle de données de gestion de parc. Les logiciels de gestion d’intervention, eux, sont construits autour du rendez-vous. L’écart entre les deux est la source de la plupart des frustrations du métier.
Pourquoi un logiciel d’intervention convient mal à un chauffagiste
Dans un outil d’intervention classique, l’objet central est le ticket : il naît d’une demande, il est affecté, il est clôturé. Chez un chauffagiste sous contrat, l’objet central est l’équipement, et l’intervention n’en est qu’un événement parmi d’autres.
Cette inversion produit trois symptômes que l’on retrouve dans presque toutes les entreprises du secteur.
L’échéancier vit dans un tableur. Le logiciel sait planifier une visite ; il ne sait pas répondre à « quelles chaudières n’ont pas été vues cette année civile, et combien de jours reste-t-il ». Cette question est pourtant celle qui expose l’entreprise.
Le renouvellement n’est pas un processus. Un contrat arrive à échéance, personne n’est alerté, il est reconduit tacitement ou perdu sans que ce soit une décision.
L’historique est attaché au client, pas à l’équipement. Quand un logement change de locataire ou qu’un syndic change de gestionnaire, tout l’historique technique de la chaudière se disloque.
Les périodicités légales sont différentes selon l’équipement
C’est un point où les erreurs sont fréquentes, y compris dans les logiciels du marché : tous les équipements ne relèvent pas d’un entretien annuel.
- Chaudières de 4 à 400 kW — gaz, fioul, bois, charbon, multi-combustible : entretien annuel, une fois par année civile.
- Systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW — pompes à chaleur, climatisation : entretien une année civile sur deux. Parler d’« entretien annuel de PAC » est inexact.
- Systèmes de plus de 70 kW : inspection périodique tous les cinq ans.
Ces obligations relèvent des articles L.224-1 et R.224-41-4 à R.224-45-9 du code de l’environnement, issus notamment du décret n° 2009-649 du 9 juin 2009 et du décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020.
Un moteur d’échéancier qui applique une règle unique à tout le parc produit mécaniquement deux erreurs : il déclenche des visites inutiles sur les pompes à chaleur, et il ne distingue pas l’inspection quinquennale des grosses installations.
Les documents et leurs délais
Chaque périodicité a son livrable, et chaque livrable a son délai :
- Chaudière : attestation d’entretien remise sous quinze jours après la visite, à conserver deux ans par le client. Elle porte le résultat de l’évaluation énergétique et environnementale, la mesure de monoxyde de carbone et les conseils du professionnel.
- Installation de plus de 70 kW : rapport d’inspection remis sous un mois, à conserver dix ans.
- Première échéance : pour une chaudière installée en cours d’année, le premier entretien est dû au plus tard le 31 décembre de l’année suivante.
La mesure de CO se lit selon trois seuils : en dessous de 10 ppm la situation est normale, entre 10 et 50 ppm elle est anormale, et à partir de 50 ppm il y a danger immédiat avec arrêt de la chaudière. Un logiciel qui stocke cette valeur sans la qualifier laisse le technicien seul avec la décision.
Le basculement fiscal que peu d’outils ont intégré
Depuis le 1er mars 2025, les chaudières à combustibles fossiles — gaz et fioul — sont exclues des taux réduits de TVA et relèvent du taux de 20 %. Depuis le 18 juillet 2026, les pompes à chaleur air/air répondant aux critères de performance fixés par arrêté bénéficient du taux de 5,5 %.
Pour un chauffagiste, ce n’est pas un détail comptable : c’est un écart de 14,5 points de TVA entre deux solutions de remplacement proposées au même client, le même jour, sur le même devis. Un outil qui ne dérive pas le taux de la nature et de la performance de l’équipement transfère ce risque sur le chargé d’affaires.
S’ajoutent les dispositifs d’aide — MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie, qualification RGE — dont l’éligibilité dépend de caractéristiques techniques que le devis doit tracer, et qui font l’objet de contrôles a posteriori.
Ce que nous développons pour les entreprises de chauffage
Un référentiel d’équipements plutôt qu’un fichier clients. Chaque chaudière, chaque pompe à chaleur est un objet avec sa marque, son modèle, sa puissance, sa date de mise en service, sa périodicité applicable et son historique complet — qui survit au changement d’occupant ou de gestionnaire.
Un moteur d’échéancier à règles multiples. Annuel, bisannuel, quinquennal selon le type et la puissance, avec projection de la charge de visites par mois et alerte sur les équipements en retard avant la fin de l’année civile.
La génération et l’archivage des attestations. Production automatique au bon format, envoi dans le délai réglementaire, conservation opposable, et qualification automatique de la mesure de CO selon les trois seuils.
Le cycle de vie du contrat. Échéance, préavis, revalorisation tarifaire, renouvellement, résiliation — et la facturation récurrente qui en découle, avec le bon taux de TVA.
La détection de l’opportunité de remplacement. Un parc instrumenté sait dire quelles chaudières ont plus de quinze ans, lesquelles ont eu trois interventions curatives en deux ans, et lesquelles justifient une proposition de remplacement. C’est le tableau de bord commercial que la plupart des outils ne produisent pas.
Faut-il développer, ou changer de logiciel ?
Un chauffagiste avec cinquante contrats et deux techniciens n’a pas besoin d’un développement. Un logiciel du marché fera l’affaire, et le tableur d’échéancier restera gérable.
La bascule se joue sur le nombre d’équipements sous contrat, pas sur le chiffre d’affaires. À partir du moment où l’entreprise ne peut plus répondre de tête à la question « suis-je en règle sur l’ensemble de mon parc cette année », le coût du risque dépasse le coût de l’outil.
Nos références publiées donnent un repère solide sur la phase qui compte le plus dans ce type de projet : la reprise du modèle de données. Sur la mission menée pour le Grand Lyon et ENFRASYS, il s’agissait de sortir d’un fichier Excel central devenu volumineux et difficile à maintenir, alimenté par des fiches papier et des échanges de mails entre trois entités. L’étude AMOA, la modélisation de l’existant, la conception de la cible, les spécifications et les maquettes ont représenté environ 17 jours.
C’est le bon ordre de grandeur pour un parc d’équipements sous contrat, où la difficulté n’est jamais technique mais structurelle : décider ce qui porte l’identité — l’équipement et non le client —, et reconstruire l’historique existant autour de ce choix. Nos deux autres missions de cadrage publiées ont demandé 15 jours pour ESLC et 16 pour Maïa Rail.
La durée de construction dépend ensuite du premier lot. Le repère de rentabilité que nous publions est de 13 mois en moyenne, et le diagnostic initial tient en deux heures.
Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il entretenir une pompe à chaleur ?
Pour les systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW, l’obligation est un entretien une année civile sur deux, et non un entretien annuel. Au-delà de 70 kW, il s’agit d’une inspection périodique tous les cinq ans, avec rapport remis sous un mois et conservé dix ans. Seules les chaudières de 4 à 400 kW relèvent d’une obligation annuelle.
Peut-on garder son logiciel de facturation actuel ?
Oui. Le cas le plus fréquent est un référentiel d’équipements et un moteur d’échéancier développés à côté, raccordés par interface à l’outil de gestion en place. Le contrat et la facturation restent là où ils sont.
Comment gérer deux taux de TVA sur une proposition de remplacement ?
En dérivant le taux de l’équipement plutôt qu’en le saisissant : chaudière gaz ou fioul à 20 % depuis le 1er mars 2025, pompe à chaleur air/air conforme aux critères de performance à 5,5 % depuis le 18 juillet 2026, main-d’œuvre d’entretien courant à 10 %. À chaque taux appliqué correspond la certification client à faire figurer sur le document.
Que se passe-t-il si un contrat change de gestionnaire ?
Si l’historique est attaché à l’équipement et non au client, rien ne se perd : le nouveau syndic ou le nouveau propriétaire hérite d’un dossier technique complet. C’est un choix de modèle de données, fait au départ.
Aller plus loin
Cette page fait partie de notre dossier sur le développement d’applications métier pour le BTP. Voir aussi les contraintes propres aux entreprises de plomberie et aux climaticiens et frigoristes.
Pour en discuter, le point de départ est un cadrage de votre parc et de vos obligations. Demander un devis. Vous pouvez aussi consulter notre offre de développement sur mesure.
