Depuis le 1er septembre 2025, un électricien qui chiffre une installation neuve travaille sur un référentiel qui n’a plus la forme de celui qu’il utilisait depuis vingt ans. Beaucoup d’outils du marché ne l’ont pas encore digéré, et beaucoup d’articles continuent de parler d’un « amendement ». Ce n’en est pas un.

Ce qui a réellement changé le 21 août 2024

La NF C 15-100 n’est plus un document unique assorti d’amendements. Elle a été refondue en une série de 21 normes publiée le 21 août 2024 : une partie 1 pour les règles générales, une série 7-7xx couvrant dix-sept locaux et installations spécifiques — dont la 7-722 pour les infrastructures de recharge de véhicules électriques, qui remplace le guide UTE de 2012 —, une partie 8-1 sur l’efficacité énergétique, une partie 10 pour l’habitation et une partie 11 pour les réseaux de communication.

L’objectif de cette architecture est de permettre des révisions partielles indépendantes. La conséquence pour un outil de chiffrage est directe : une bibliothèque de prix structurée autour d’un document unique ne peut plus suivre les mises à jour sans être reconstruite à chaque révision partielle.

Après une période de coexistence, la série 2024 s’applique aux installations neuves ainsi qu’aux extensions et modifications d’installations existantes depuis le 1er septembre 2025.

La nuance juridique que presque personne n’écrit

L’arrêté du 3 août 2016, qui réglemente les installations électriques des bâtiments d’habitation, vise toujours le titre 10 de l’ancienne version de la norme. Formellement, la version 2002 reste donc la norme d’application obligatoire au sens réglementaire, sans être annulée pour autant.

Dans les faits, la série 2024 est le référentiel de contrôle du Consuel pour les installations neuves et les rénovations totales depuis le 1er septembre 2025. La formulation défendable est donc celle-ci : c’est le référentiel technique applicable et contrôlé, mais la réglementation habitation n’a pas encore été mise à jour pour le viser.

Pour une entreprise, cette subtilité a une conséquence pratique : un outil doit pouvoir tracer sur quel référentiel un chiffrage a été établi, et à quelle date.

Les évolutions techniques qui touchent le chiffrage

Consuel : quatre attestations, et une obligation étendue à l’IRVE

L’attestation de conformité se décline en quatre couleurs, chacune avec son formulaire : jaune (CERFA 12506*03) pour les installations d’habitation ou à usage domestique, y compris les IRVE en habitation ; verte (12507*03) pour les installations de consommation non domestiques et les parties communes ; bleue (15523*01) pour la production sans stockage ; violette (15524*01) pour la production avec stockage.

Depuis le décret n° 2021-546 du 4 mai 2021, l’attestation visée par le Consuel est obligatoire pour les IRVE dans plusieurs cas : toute nouvelle installation, toute installation en bâtiment d’habitation collectif, toute installation de plus de 36 kW ailleurs, et toute modification d’une installation existante, en résidentiel comme en tertiaire.

À noter pour le dimensionnement d’un outil : le taux de visite du Consuel est d’environ 20 % pour les installateurs professionnels et de 100 % pour les installateurs non professionnels. Autrement dit, une attestation sur cinq environ donnera lieu à un contrôle sur site, et le dossier doit être défendable à chaque fois.

Les échéances de dossiers techniques

Depuis le 29 juin 2026, les anciennes versions des dossiers techniques SC144 ne sont plus acceptées pour les installations de production. Les anciennes versions des certificats de conformité de protection de découplage des onduleurs sont acceptées jusqu’au 31 décembre 2026 ; à partir du 1er janvier 2027, seules les versions à jour sont valides.

Un outil qui embarque des modèles de dossier doit donc gérer une notion de version de formulaire avec date de validité — pas un PDF figé.

Ce que nous développons pour les entreprises d’électricité

Un moteur de chiffrage au métré avec bibliothèque de prix versionnée, variantes, et traçabilité du référentiel normatif appliqué à chaque devis.

La conformité intégrée au chiffrage plutôt que contrôlée après coup : le mode de raccordement, le type de différentiel, la classe de câble sont des attributs de l’ouvrage, pas des commentaires libres.

La gestion documentaire Consuel avec la bonne attestation selon la nature de l’installation, les versions de dossiers techniques à jour, et l’archivage du dossier tel qu’il a été déposé.

Le suivi IRVE comme un objet à part entière : puissance, point de livraison, calepinage en parking collectif, historique des modifications qui redéclenchent une attestation.

Les interfaces vers les bibliothèques de prix du marché, l’outil comptable et la plateforme agréée de facturation électronique.

Faut-il développer un outil de chiffrage sur mesure ?

Rarement pour une entreprise de deux ou trois personnes travaillant sur des chantiers homogènes : les bibliothèques du marché sont efficaces et bien tenues.

Le calcul change dans deux situations. Quand l’entreprise a construit sa propre méthode de chiffrage, avec des ouvrages composés qui lui appartiennent, et qu’aucun outil ne sait la représenter. Et quand elle travaille sur des marchés où le dossier technique compte autant que le prix — tertiaire, ERP, IRVE en collectif —, où la traçabilité de la conformité devient un actif commercial.

La référence la plus transposable dans nos travaux publiés est Maïa Rail, dans le ferroviaire et le BTP : une solution mobile et web conçue pour fiabiliser et accélérer la saisie, le suivi et la diffusion des rapports de soudure aluminothermique. Le problème y était le même que dans le chiffrage électrique — produire sur le terrain un document technique normé, dont la valeur dépend entièrement de sa conformité au référentiel en vigueur et de sa traçabilité.

La conception et le développement de cette solution ont représenté environ 16 jours pour la phase d’étude, de spécification et de maquettage. Sur nos deux autres missions de cadrage publiées, la durée a été de 15 jours pour ESLC et de 17 jours pour le Grand Lyon avec ENFRASYS.

Sur l’arbitrage technique, celui que nous retenons systématiquement pour une bibliothèque de prix est le versionnement par partie plutôt que par document global — conséquence directe de l’éclatement de la NF C 15-100 en 21 normes révisables indépendamment. Un référentiel modélisé comme une version unique impose une reprise complète à chaque révision partielle ; versionné par partie, il n’impose que la mise à jour des ouvrages concernés.

Le repère de rentabilité que nous publions est de 13 mois en moyenne pour un développement sur mesure.

Questions fréquentes

La NF C 15-100 de 2024 est-elle obligatoire ?

Elle s’applique aux installations neuves ainsi qu’aux extensions et modifications depuis le 1er septembre 2025, et sert de référentiel de contrôle au Consuel. La réglementation habitation, portée par l’arrêté du 3 août 2016, vise en revanche toujours le titre 10 de la version 2002 : la version 2024 n’y est pas encore citée.

S’agit-il d’un nouvel amendement ?

Non. C’est une refonte en une série de 21 normes distinctes, publiée le 21 août 2024, conçue pour permettre des révisions partielles indépendantes. Les amendements A1 à A5 portaient sur la version 2002, qui était un document unique.

Quand une attestation Consuel est-elle obligatoire pour une IRVE ?

Pour toute nouvelle installation, en bâtiment d’habitation collectif quelle que soit la puissance, au-delà de 36 kW ailleurs, et pour toute modification d’une installation existante. L’attestation est de type jaune en habitation, verte en tertiaire ou sur le domaine public.

Peut-on connecter un outil sur mesure à une bibliothèque de prix existante ?

Oui, c’est même le montage le plus fréquent : la bibliothèque du marché reste la source des prix unitaires, et le développement porte sur les ouvrages composés propres à l’entreprise et sur la logique de chiffrage.

Aller plus loin

Cette page fait partie de notre dossier sur le développement d’applications métier pour le BTP.

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